Qu’est-ce que Libra, la cryptomonnaie de Facebook ?

Facebook a provoqué un tremblement de terre en dévoilant Libra, sa cryptomonnaie. Qu’est-ce que Libra ? Faut-il investir ? Quelles différences entre libra et bitcoin ? Cette annonce affiche l’ambition de Mark Zuckerberg de faire de Facebook le plus grand système de paiement au monde. Y arrivera-t-il ? Ça semble mal parti…

Qu’est-ce que Libra ?

Libra est une cryptomonnaie ou monnaie numérique développée par Facebook et un consortium de 27 entreprises, basé en Suisse, l’association libra. On y retrouve des poids lourds du numérique tels que Uber, Lyft, Spotify ou eBay, des spécialistes des paiements comme Visa, Mastercard et Paypal ou encore le groupe français Illiad, maison mère de l’opérateur Free.  Même si Facebook est à l’initiative du projet, elle ne contrôlera pas totalement libra. La firme de Mark Zuckerberg obtiendra un seul vote dans sa gouvernance tout comme les autres membres de l’association. Chaque membre a dû débourser la somme de 10 millions de dollars pour siéger au sein de la l’association libra. 

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Libra sera un stablecoin

Pour répondre au problème de volatilité entourant de nombreuses cryptomonnaies comme bitcoin, Facebook a opté pour la stabilité. Libra sera une monnaie digital stable aussi appelée stablecoin. Il sera indexé à un panier de monnaies fiduciaires incluant l’Euro, le Dollar, le Dollar singapourien, la Livre sterling et le Yen. La valeur des libras sera par conséquent garantie par des monnaies officielles. Les réserves seront gérées par la Libra association.

Libra : pour qui ?

L’objectif affiché de libra est de proposer une monnaie numérique au monde entier. Néanmoins, avec libra, Facebook s’attaque en réalité aux 1,7 milliards d’individus non-bancarisés dans le monde, exclus du système financier et n’ayant pas accès au système bancaire. Mark Zuckerberg veut donc apporter des outils financiers là où les infrastructures sont insuffisantes. Libra vise principalement  l’Afrique, l’Amérique latine et l’Asie du Sud-Est, des régions dans lesquelles les monnaies manquent de stabilité.

Libra : quelle est sa date de sortie ? 

Selon la fondation Libra, sa cryptomonnaie sera lancé début 2020.

Qu’est-ce que Calibra ?

Pour détenir et échanger ses libras, Facebook va développer Calibra, un portemonnaie virtuel. Cette application servira pour des achats sur les applications de Facebook : Messenger WhatsApp et Instagram. C’est via le portefeuille Calibra qu’il sera possible d’échanger son argent contre des libras.

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Libra et Bitcoin : quelles sont les différences ?

Libra est un stablecoin

La cryptomonnaie de Facebook n’est pas vraiment une cryptomonnaie comme on l’entend pour le Bitcoin ou l’Ether. Il est-ce qu’on appelle un stablecoin ou cryptomonnaie stable. Les stablecoins permettent de minimiser la volatilité d’une cryptomonnaie en l’adossant à une ou plusieurs monnaies fiat, garante de plus de stabilité. Le Libra sera indexé à un panier de devises (la réserve Libra). Ce panier de devise inclus le dollar, l’euro, le yen, la livre sterling et le dollar singapourien.

Libra n’est pas décentralisé 

Libra ne repose pas sur une blockchain décentralisée et ouverte comme c’est le cas pour bitcoin. Sa blockchain sera centralisée et fermée. La gouvernance de libra est basée sur 28 entreprises qui prennent les décisions de manière démocratique. Chaque membre a dû débourser la somme de 10 millions de dollars pour siéger au sein de Libra association.

Libra est censurable

Parce que libra est centralisée, il est par conséquent censurable. L’une des forces de bitcoin repose sur sa décentralisation permettant au réseau d’échapper à la censure. Contrairement à Bitcoin, Libra est une entreprise centralisée devant respecter le cadre législatif des pays dans lesquels elle est implantée. Elle peut être censurée par les états comme c’est le cas avec Facebook en Chine. La France, l’Italie et l’Allemagne préparent ensemble des mesures pour faire interdire libra en Europe.

Libra n’utilise pas de blockchain publique

Bitcoin repose sur une blockchain publique, ouverte et transparente qui permet de consulter toutes les transactions qui ont eu lieu sur le réseau. Ce n’est pas le cas de Libra qui s’appuie sur une blockchain privée. Autrement dit, vous aurez uniquement accès à vos transactions et ne pourrez pas consulter les autres transactions du réseau comme c’est le cas sur la blockchain bitcoin. Seul Facebook et les membres de l’association libra auront un droit d’accès sur toutes les transactions.

Libra ne permet pas d’exercer un contrôle total sur vos fonds

L’intérêt de Bitcoin c’est qu’il vous permet de devenir votre propre banque et ainsi regagner votre souveraineté monétaire. En détenant votre clé privée, c’est-à-dire votre mot de passe permettant d’avoir accès à vos fonds, vous êtes le seul maître à bord. Bitcoin vous permet donc d’exercer un contrôle total sur vos finances ce qui n’est pas le cas de Libra. En gros, Facebook pourrait tout à fait geler votre compte s’il estime que vous enfreignez leurs conditions d’utilisation par exemple.

Facebook va t-il réussir à sortir Libra ?

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Ça semble mal parti. L’annonce du lancement de libra par Facebook a été suivie d’une levée de boucliers de la part de nombreux pays européens avec à sa tête. La France par l’intermédiaire de Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, a fait savoir que Libra n’était pas la bienvenue” avant d’annoncer des mesures pour faire interdire la cryptomonnaie en Europe. Cette annonce s’ajoute aux difficultés rencontrées par Libra face aux régulateurs américains. Le problème se pose autour de la privatisation de la création monétaire qui est aujourd’hui aux mains des états et des banques centrales. Il est donc évident qu’ils ne laisseront pas si facilement une entreprise privée se doter du droit de battre monnaie.

Quatre mois après l’annonce du projet, face à la pression des gouvernements,  Visa, Mastercard, Paypal, Ebay et Booking ont décidé de quitter l’association libra. Facebook demeure confiant et a déclaré qu’il ne fallait pas tirer de conclusions sur l’avenir du projet basé sur ces désistements.

Faut-il investir dans Libra ?

Si vous souhaitez spéculer sur libra c’est peine perdue. La cryptomonnaie de Facebook n’est pas un bon investissement car contrairement à bitcoin ce n’est pas un objet spéculatif. Libra est un stablecoin ou cryptomonnaie stable adossée à un panier de monnaies fiat, lui permettra de garder un prix stable. La volatilité qu’on retrouve sur bitcoin et qui permet de spéculer et de faire des plus-values ne sera donc pas au rendez-vous avec libra. 

Conclusion

Qu’on apprécie ou non Facebook, l’annonce du lancement de libra est une initiative audacieuse qui démocratise et met en lumière les cryptomonnaies. Elle a déjà le mérite de pousser les états à entamer une réflexion  sur la création de monnaies digitales d’état comme c’est actuellement le cas en Chine. Libra est-il une menace pour le bitcoin ? Non, car comme nous l’avons vu, les deux cryptomonnaies diffèrent sur de nombreux points. Néanmoins, aux yeux de nombreuses personnes, libra représente une menace au système traditionnel. Mark Zuckerberg a l’ambition d’offrir  une infrastructure financière mondiale simple d’utilisation à 2 milliards d’individus. S’il est lancé, le libra pourrait servir de réserve de valeur dans des pays financièrement instables connaissant de fortes difficultés économiques. C’est le cas  de pays comme le Venezuela et l’Argentine par exemple.

La France, l’Allemagne et l’Italie s’opposent au développement de la libra « sur le sol européen», estimant que la souveraineté des états est en jeu. Les états ne sont pas les seuls obstacles au lancement de libra. La question sur la réputation de  Facebook en matière de protection des données se pose. Facebook a annoncé que les données récoltées lors de l’utilisation de libras ne seront pas utilisées pour améliorer le ciblage de la publicité. Mais peut-on leur faire confiance après tant de scandale liés à la vente des données personnelles de leurs utilisateurs ?  Soulignons que la confiance est au cœur du fonctionnement des monnaies. «Les données financières seront séparées de celles du réseau social», assure David Marcus, directeur du projet libra. Facebook arrivera-t-il à lancer sa cryptomonnaie ? Sa semble assez mal parti mais rien n’est encore joué.

 

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