Stablecoin : une menace pour les banques centrales ?

La Présidente de la Banque centrale européenne ne voit pas d’un bon oeil l’émergence rapide des cryptomonnaies. Après avoir reconnu des qualités aux monnaies numériques, Christine Lagarde a déclaré que l’institution européenne se devait de prendre “une longueur d’avance” face aux stablecoins.

Qu’est-ce qu’un stablecoin ?

Largement utilisé dans l’écosystème crypto, un stablecoin est un jeton digital émis sur une blockchain. Sa valeur est adossée à un actif stable comme une monnaie fiduciaire telle que le dollar, l’euro et le yen. Rattaché au dollar, le stablecoin USDT de l’entreprise Tether est le plus utilisé sur le marché des cryptomonnaies. 1 USDT = 1$. Ainsi, pour chaque stablecoin USDT créé, Tether se doit d’avoir un dollar dans ses coffres. Les stablecoins ne sont pas tous rattachés aux monnaies fiduciaires. D’autres sont adossés à des matières premières, commodités ou à d’autres cryptomonnaies. Les stablecoins protègent leurs utilisateurs contre la volatilité des cryptomonnaies.

Les stablecoins bientôt interdits ?

Le 14 avril 2020, le FSB, conseil de la stabilité financière, publie dans un rapport à destination des pays du G20, 10 recommandations très attendues sur les stablecoins. 3 de ses 10 recommandations menacent directement l’existence des stablecoins. Le FSB recommande :

1. La capacité d’interdiction des stablecoins par les états 

Les états doivent pouvoir faire interdire les stablecoins en faisant geler les comptes des utilisateurs par exemple. 

2. Le contrôle complet de la gouvernance des stablecoins

C’est-à-dire avoir une vision complète de la gouvernance de chaque blockchain utilisée pour émission d’un stablecoin. Dans le cas d’une blockchain centralisée comme Tether, c’est possible. Mais dans le cas d’une blockchain décentralisé comme pour le stablecoin DAI, ça semble bien plus compliqué. Cela sonnerait potentiellement l’interdiction de ce stablecoin décentralisé. 

3. L’obtention d’une licence bancaire pour toutes les entreprises émettrices de stablecoin.

Cela menacerait l’existence même de nombreux stablecoins. En effet, les licences bancaires sont très coûteuses, longues et difficiles à obtenir. Ces recommandations, si retenues par l’Union Européenne, pénaliseraient fortement le futur des stablecoins dans la zone Euro, au détriment de la création de nouveaux stablecoins émis par des banques. La Présidente de la BCE, a notamment déclaré “qu’il y a une demande du marché pour les stablecoins à laquelle la BCE devait répondre.

Pour résumer, ces recommandations visent donc à tuer dans l’oeuf l’initiative des stablecoins en rendant illégal un secteur indispensable pour l’apport de liquidité dans l’écosystème crypto. Le secteur des stablecoins pèsent actuellement 8 milliards de dollars. Des protocoles DeFI (finance décentralisée) comme Compound, qui séquestre majoritairement des stablecoins pendant un certain temps contre rémunération, pourraient aussi être impactés par une interdiction. Cette situation prouve encore la nécessité d’une cryptomonnaie non saisissable, décentralisée et résistante à la censure comme Bitcoin.

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